Rencontre avec Philippe Nérin, PDG de la SATT – AxLR, la société d’accélération du transfert de technologies qui rayonne sur l’arc méditerranéen de la région Occitanie. Docteur en biophysique âgé de 49 ans, Philippe Nérin et toute son équipe  jouent un rôle essentiel en matière de transferts d’innovations en ex-LR. Explications…

Philippe Nérin, que sont les SATT ?

Les SATT, sociétés d’accélération du transfert de technologies, sont des sociétés par actions simplifiées (SAS) créées par plusieurs établissements de recherche publique dans le cadre du Programme des investissements d’avenir (PIA), au sein de l’action « Valorisation ». 856 M€ ont été affectés à la création des SATT dont une part importante est consacrée à la Propriété intellectuelle (PI) et à la maturation.

Les SATT ont vocation à regrouper l’ensemble des équipes de valorisation des sites universitaires et à mettre fin au morcellement des structures. 160 établissements de recherche publique français ont confié la valorisation de leurs résultats de recherche à l’une des 14 SATT, ce qui apporte une simplification majeure pour les chercheurs et pour les entreprises. Les SATT, soutenues par l’engagement collectif de leurs établissements de recherche actionnaires, ont accès aux compétences et inventions des chercheurs publics sur leur territoire, et s’appuient sur des équipes professionnelles dédiées pour détecter et évaluer ces inventions et les accompagner jusqu’au transfert vers une entreprise.

Philippe Nérin, PDG de la SATT – AxLR.

Basée à Montpellier, AxLR est l’une de ces 14 SATT qui rayonne en ex-Languedoc-Roussillon. Quels sont vos champs d’action et vos résultats depuis le début de l’aventure en 2012 ?

Nous avons vu le jour effectivement en 2012. Nous sommes une société de droit privé (capital : 1 million d’euros ; 60 salariés dont la moitié de permanents) et nous travaillons avec onze actionnaires parmi lesquels dix sont des établissements de recherche publics et privés centrés sur l’innovation (CNRS, universités de Montpellier, IRD, Inserm, université de Perpignan, Sup Agro, IRSTEA, ENSCM, UPVM et l’université de Nîmes). Nous sommes spécialisés dans la maturation et la commercialisation de projets innovants issus de la recherche académique. Nous agissons avec la majeure partie des laboratoires de la recherche publique implantés sur l’arc méditerranéen en Occitanie (on parle aussi d’Occitanie Est), une des régions françaises et européennes les plus dynamiques, avec plus de 200 laboratoires et près de 12 000 chercheurs.

AxLR est l’interlocuteur privilégié des chercheurs en matière de transfert de technologie, de propriété intellectuelle et de valorisation. Nous travaillons donc en partenariat avec nos actionnaires pour aider les chercheurs et leurs laboratoires à transformer leurs travaux en un produit ou un service à commercialiser. Nous utilisons nos réseaux, accompagnons et finançons la maturation technique et économique des technologies innovantes et nous les commercialisons pour répondre aux besoins de l’industrie et des entrepreneurs. Nous réduisons le risque « R&D » des entreprises.

A ce jour, vous avez « misé » dans combien d’innovations ?

Une centaine de projet ont été soutenus en cinq ans. Au total, vingt-sept millions d’euros ont été investis. Et une cinquantaine de ces projets se sont concrétisés par des transferts et vingt-cinq sociétés ont vu le jour via un comité consultatif d’investissement, et grâce à un mécanisme de levée de fonds. Dans des domaines aussi variées que :

  • l’agronomie et l’environnement
  • l’informatique et la physique appliquée
  • la santé et les biotechnologies
  • la chimie, les matériaux et procédés
  • les sciences humaines et sociales

Anysia Vicens (à gauche) et Nathalie Raymond, respectivement chef de projets et chargée d’affaires « agronomie et environnement ».

A propos de la filière vitivinicole, à quels niveaux intervenez-vous ?

Absolument tous les niveaux : phytosanitaires, machines agricoles, valorisation des coproduits, etc. Un exemple parmi d’autres, au chapitre « agro-agri » dont notre chargée d’affaires est Nathalie Raymond, le logiciel Picore (IRSTEA, Montpellier Sup Agro). Il s’agit du développement d’un prototype préindustriel d’un système embarqué de monitoring de la pulvérisation et d’enregistrement de données hydrauliques de la pulvérisation visualisable directement sur smartphone. Ce système, développé par l’IRSTEA, permet à l’agriculteur d’optimiser les réglages de son pulvérisateur, de vérifier la qualité des traitements et de générer son cahier parcellaire. Un transfert de technologies a été signé fin 2015 par l’IRSTEA et AxLR avec l’industriel allemand Sika. Mais on pourrait parler aussi des projets d’optimisation des épandages, de rotule auto-serrante ou encore d’amendements organiques.

Pour revenir aux SATT, comment fonctionnez-vous ?

Nous avons pour objectif de simplifier et de professionnaliser le transfert des innovations issus de la recherche académique vers les marchés socio-économiques. Nous intervenons sur toute la chaîne du transfert :

  • identification des projets innovants à valeur ajoutée et positionnement par rapport à la concurrence et aux besoins du marché
  • protection des résultats de recherche par le dépôt et l’entretien de titres de propriété intellectuelle et industrielle
  • mise en place et gestion des projets de maturation validés
  • commercialisation jusqu’au transfert au monde économique sous forme de licensing et de création de start-up.

Vous êtes donc une structure privée à capitaux publics. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Comme je le disais en préambule, les SATT ont un statut de Société par actions simplifiées (SAS) et disposent d’un capital de 1 million d’euros. Il est réparti à 67 % pour les établissements publics de recherche en régions (ou structures porteuses) et à 33 % pour la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour le compte de l’Etat. Les SATT sont dotées d’un apport en quasi-fonds propres sur 10 ans, versé en 3 tranches qui sont conditionnées par des étapes d’évaluation de la performance. Leurs actionnaires académiques confient mandat et licence exclusifs aux SATT pour la valorisation de leurs résultats de recherche. Les établissements de recherche restent propriétaires de leur propriété intellectuelle et notamment des titres de propriété industrielle tels que les brevets.

CONTACT

SATT – AxLR

  • 950 rue Saint-Priest, CSU – Bâtiment 6, 34 090 Montpellier. Téléphone : 04 48 19 30 00.
  • Web : http://www.axlr.com

Publié le 2 septembre 2017

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