Article rédigé par l’IA d’après les notes prises par Vinseo. 

Diversification viticole : les éclairages de la science

Face à une « polycrise » sans précédent, la filière vigne et vin s’interroge sur son avenir. Comment concilier impératifs environnementaux, changement climatique et viabilité économique ? La 17ème journée scientifique Vigne et Vin qui s’est tenue le 08 avril 2026 à l’Institut Agro Montpellier a apporté des éclairages cruciaux sur une stratégie devenue centrale : la diversification.

 

 

Résumé de l’acte « Éclairages sur les opportunités de diversification de la filière : des travaux de recherche pour des systèmes plus résilients ».

Le constat dressé par Jean-Marc Touzard est sans appel : la viticulture traverse une crise socio-professionnelle profonde au cœur d’un contexte de polycrise. Pour survivre, elle doit simultanément lutter contre les maladies, s’adapter aux nouveaux marchés, préserver l’environnement et répondre au défi climatique. Dans ce paysage mouvant, la diversification n’est plus une option, mais un levier de résilience.

1. Explorer de nouveaux débouchés : jus de raisin et raisin de table

L’une des pistes majeures réside dans la valorisation du raisin au-delà de la bouteille de vin.

  • Le défi du jus de raisin : Hernán Ojeda souligne que si la consommation de jus de fruits est forte, la filière française du jus de raisin reste modeste et mal adaptée. L’enjeu est de sortir des variétés de vinification pour sélectionner des cépages spécifiques, plus acides et plus durables, capables de concurrencer l’orange ou la pomme. Le d
    éfi est aussi réglementaire : il faut permettre une « porosité » entre les productions pour qu’une même parcelle puisse s’orienter vers différents marchés selon les besoins.
  • Le raisin de table et les fruits secs : Laurent Audeguin (IFV) et Loïc Le Cunff notent un retard d’organisation française par rapport à nos voisins. La diversification vers le raisin de table ou le raisin sec pose toutefois des questions de gestion de l’eau, bien que l’adaptation au changement climatique dépende davantage du rendement visé que de la variété elle-même.

2. Diversifier les cultures : L’exemple de l’olive et des bio-producteurs

Une enquête présentée par Marie Pithon-Guergachi montre que 65% des vignerons bio d’Occitanie souhaitent se diversifier, principalement pour compenser des problèmes de rendement sur leurs vieilles vignes.

Si l’huile d’olive attire, la prudence est de mise. Passer de la vigne à l’olivier, c’est « changer de métier ». Cela demande de nouvelles compétences, du matériel spécifique et une stratégie commerciale solide : le coût de production d’une huile artisanale (environ 25€/L) est bien loin des prix de la grande distribution (6,5€/L).

3. Repenser l’écosystème : vitiforesterie et agropastoralisme

La résilience passe aussi par le retour de la biodiversité au cœur même des parcelles.

  • Vitiforesterie : Romane Mettauer (Institut Agro) a exploré l’association vigne-arbres. Si le système vigne-olivier ou l’intégration d’arbres fruitiers séduit, les freins restent nombreux : complexité des soins, travail manuel accru et obstacles réglementaires (perte potentielle de l’appellation).
  • Élevage et Vigne : L’association avec l’élevage, présentée par Marc Moraine, offre des bénéfices réels pour la fertilisation des sols et la lutte contre les incendies. Cependant, le manque de structuration de la filière en zone méditerranéenne reste un frein majeur.

4. L’innovation technologique : agrivoltaïsme et intelligence artificielle

Le futur de la vigne se joue aussi dans la technologie.

  • Agrivoltaïsme : Angélique Christophe (INRAe) démontre que l’ombrage des panneaux photovoltaïques crée un microclimat intéressant. Si la vigne s’acclimate bien à une alternance rapide ombre-lumière, maintenant un bon équilibre sucre-acide, une vigilance est nécessaire sur la perte de rendement et la biomasse totale.
  • IA et Consommation : Foued Chériet souligne que l’IA change déjà la manière dont les consommateurs s’informent. Face à une demande qui évolue, le vigneron doit choisir entre la différenciation (nouveaux packagings, No-Low, cocktails) et la diversification réelle (nouveaux marchés, nouveaux produits).

5. La stratégie du changement : un saut dans l’inconnu ?

La diversification est une décision stratégique lourde. Letizia Molinari (INRAe) rappelle qu’elle doit idéalement être anticipée en contexte favorable et non subie en période de crise. Elle nécessite :

  1. Une recherche d’informations dans de nouveaux réseaux.
  2. Un investissement en compétences et en financement.
  3. Une réflexion sur la résilience territoriale partagée, notamment autour de la ressource en eau.

La 17ème journée scientifique a montré que la diversification est un chemin complexe mais nécessaire à la filière viticole. Qu’elle soit « nourricière », énergétique (agrivoltaïsme) ou orientée vers de nouveaux produits de consommation. Pour réussir, elle devra s’appuyer sur une structuration collective et une audace renouvelée.

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