Rencontre avec le directeur technique de P.C.E.B. (Produits Chimiques et Engrais de Bram) Charles Crosnier, un homme qui sillonne la terre audoise depuis 32 ans pour son groupe.

En quelques mots, et quelques chiffres, pouvez-vous nous présenter P.C.E.B. ?

P.C.E.B. est un négoce audois en agrofournitures (produits phytosanitaires, engrais, terreaux, matériel de palissage…) qui s’adresse majoritairement à des professionnels, orienté principalement sur la viticulture mais aussi sur les grandes cultures, l’arboriculture et les espaces verts.

Un négoce créé en 1929 par Jean Caizergues, grand-père du dernier président, qui a cédé ses parts, en 2017, aux sociétés JEEM (Gard) et Péris (Hérault). P.C.E.B. a donc une vraie histoire avec aujourd’hui cinq agences (dont deux à Carcassonne, également siège social, et Limoux qui ont un espace vente pour les particuliers) implantées au plus près de leurs 3 000 clients dans toutes les zones viticoles bien connues : Minervois, Razès, Cabardès, Corbières, Limoux. Nous avons 32 salariés et notre chiffre d’affaires est d’environ 16 millions d’euros.

Que proposez-vous en priorité à votre clientèle ?

Des conseils personnalisés au titre de l’agriculture raisonnée : analyses de sol, de feuille et de baie, enherbement, diagnostic des maladies, modes d’intervention… Nous sommes reconnus autant au niveau technique qu’accompagnement « terrain » des vignerons en allant chercher la solution la plus intéressante aux problématiques des clients.

Nous sommes dans la démarche de Peter Drucker (un grand spécialiste du management, NDLR) qui pourrait se résumer ainsi : les clients n’achètent pas un « produit », mais de la valeur. Autrement dit, ce qu’ils achètent c’est ce que le produit peut faire pour eux et pas le produit en lui-même. Nous essayons toujours de coller à la demande de nos interlocuteurs en proposant non pas du prêt-à-porter mais du cousu-main.

Comment avez-vous traversé cette période de crise sanitaire provoquée par le nouveau coronavirus ?

Comme beaucoup dans le monde agricole, P.C.E.B faisait partie des entreprises autorisées à travailler. Nous avons restructuré momentanément nos services en mettant au point des systèmes de drive : les viticulteurs qui avaient besoin de marchandises nous appelaient la veille ou l’avant-veille afin que l’on puisse préparer leurs commandes et prenaient rendez-vous pour les récupérer. Le tout, bien entendu, en respectant les gestes barrières.

Ce n’était évident pour personne. Alors qu’habituellement, les professionnels viennent dans nos agences et s’y arrêtent parfois pour discuter entre eux autour d’un café par exemple, là, ce lien convivial n’y était plus mais chacun respectait les règles établies. Finalement les personnes les moins « souples » étaient les particuliers. Nous ne pouvions leur vendre que de l’alimentation animale et certains ont fait des pieds et des mains pour avoir bien plus… En interne, cela a été bien sûr compliqué pour les 32 salariés car il a fallu s’adapter, s’organiser pour les parents ayant des enfants à la maison. Mais nous y sommes arrivés avec de nouvelles méthodes de travail. Chacun a joué le jeu et je suis très fier de l’équipe de P.C.E.B à tous les niveaux, que ce soit les techniciens sur le terrain, les gens de la logistique, de l’administratif… Tout le monde était présent sur la durée.

Charles Crosnier, directeur technique de P.C.E.B.

Quelle est votre approche environnementale de l’agriculture ?

Des méthodes alternatives à l’époque aux biocontrôles (l’ensemble des méthodes de protection des végétaux qui utilisent des mécanismes naturels, NDLR) aujourd’hui, nous sommes sensibles depuis plus de 17 ans à une approche plus naturelle de l’agriculture. Pour cela, nous bénéficions notamment de la force du réseau Agrosud qui regroupe aujourd’hui, dans le Sud-Est de la France, douze négoces en agrofournitures. Et pour ma part, je fais partie depuis 25 ans du pôle technique d’Agrosud qui s’appelle « Agrosud développement ».

L’agriculture a réalisé des progrès énormes, proches de ceux de l’informatique et du numérique. La grande différence, c’est que nous ne communiquons pas bien, voire pas du tout et malheureusement les médias nous fustigent régulièrement car le monde agricole est avant tout dans l’action, pas dans la communication. Les exemples sont nombreux chez nous et colossaux. A commencer par celui de la problématique du glyphosate. Depuis 20 ans dans l’agriculture pure languedocienne, nous sommes passés du désherbage en plein (sur la totalité d’une surface de vigne, NDLR) au désherbage strictement sur le rang de vigne. C’est-à-dire que nous avons réduit de plus de 60 % les doses. C’est un effort aussi prodigieux que méconnu. Par manque de communication, j’insiste ! De fait, il y a des incompréhensions qui induisent des polémiques.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

A court terme, nous travaillons sur des techniques pour limiter l’érosion, sur des approches de gestion d’irrigation, de solutions phytosanitaires, de protection des plantes… et sur des pistes de biocontrôles notamment sur les problématiques liées aux maladies de la vigne que sont le mildiou et l’oïdium. Nous commençons à avoir quelques résultats intéressants. Mais il faut du temps pour être dans les clous.

La question est avant tout politique. Nos gouvernants ne nous permettent pas d’aller plus vite comme le demande l’agriculture de demain. C’est dommage car je n’oublie pas que le premier rôle de l’agriculture est de nourrir les hommes. Il est primordial, vital, d’avancer dans le bon sens. Nous y travaillons et je trouve, pour ma part, que c’est une aventure passionnante et non pas pénalisante comme certains peuvent le penser.

Pourquoi avoir rejoint Vinseo il y a une dizaine d’années ?

Justement pour mieux communiquer, chose que vous faites très bien, pour échanger, discuter, progresser les uns avec les autres. Nous avons vraiment besoin de faire connaître notre travail, distributeurs et agriculteurs, et Vinseo participe à cela.

 

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P.C.E.B.

Rue André-Ampère, 11 000 Carcassonne.

Téléphone : 04 68 47 72 20.

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