Les réseaux de surveillance d’insectes ravageurs de la vigne s’automatisent grâce aux capteurs de la société Trapview. L’intelligence artificielle déployée permet aux opérateurs de suivre les populations sans se déplacer. Vincent Joly, à la tête de la récente filiale Trapview France, détaille les atouts de cette technologie.

 

Trapview commercialise depuis quelques années des pièges connectés utilisant l’intelligence artificielle pour décompter les insectes. Comment est-ce que cela fonctionne ?

Notre solution se compose de trois modules : un piège à insectes connecté, un outil d’analyse des informations basé sur la reconnaissance d’images et une application pour accéder aux données interprétées.

Le piégeage des insectes ravageurs se base sur des techniques éprouvées de longue date avec des capsules diffusant des phéromones sexuelles capables d’attirer les adultes. Dans le piège, ils sont capturés sur une plaque autocollante. Une caméra haute résolution placée juste au-dessus prend une photo toutes les 24 heures. L’image est envoyée par le réseau 3G vers notre outil d’analyse, de même que des informations sur la température et l’humidité relative remontées par les capteurs présents sur le piège. Un panneau solaire intégré permet le transfert des données ainsi que le renouvellement automatique de la plaque grâce à un système simple de rouleaux.

Les images qui mettent en évidence les insectes piégés sont analysées. On utilise ce qui est communément appelé l’intelligence artificielle. Un algorithme développé en interne compare les insectes à la base de données que nous avons générée. Depuis 2007, année de la création de l’entreprise, Trapview a accumulé des millions de photos d’eudémis par exemple. Et plus on « entraîne » l’algorithme, plus il devient précis.

 

Vincent Joly de Trapview France

Vincent Joly de Trapview France

Quel est le niveau de précision de Trapview sur eudémis, principal ravageur de la vigne en Occitanie ?

Pour eudémis, avec la seule reconnaissance d’images nous sommes actuellement à plus de 90 % de précision.
En complément, chaque photo est analysée par un opérateur formé à l’entomologie. Ce travail est fait de façon systématique. Grâce à cette vérification humaine, Trapview améliore la précision de l’algorithme. Dans cet objectif, nous laissons aussi la possibilité aux utilisateurs de corriger eux-mêmes une éventuelle erreur d’identification.

À ce jour, Trapview peut détecter une cinquantaine d’insectes qui sont sensibles à des phéromones.

 

Quel intérêt pour les utilisateurs d’utiliser des pièges Trapview?

Suivre la population d’insectes ravageurs jour après jour permet d’évaluer sa dynamique. Couplé aux informations météorologiques et aux données entomologiques de chaque espèce cible, il est possible d’anticiper les stades de développement des générations. À 3 semaines, les pics des différents stades de développement de l’insecte sont connus. Pour les producteurs qui appliquent les insecticides ou de la lutte biologique, cette information est capitale.

L’information est d’autant plus précise que les pièges sont mis en réseau.

Par ailleurs, on retrouve avec la solution Trapview les avantages de l’automatisation. Il n’y a plus besoin de se rendre sur tous les pièges pour collecter l’information et les relevés sont plus fréquents.

Enfin, les pièges Trapview sont certifiés CEPP en vigne et en arboriculture. C’est un argument qui porte auprès des agro-fournisseurs prescripteurs de solutions phytosanitaires.

Piège Trapview

Piège Trapview dans les vignes

 

Les informations interprétées par Trapview vous permettent-elles de faire des recommandations d’interventions ?

Toutes les données sont accessibles par les utilisateurs sur l’application en ligne. Ils sont accès aux modélisations de vols. La mission de Trapview s’arrête là où commence celle des techniciens capables de faire des recommandations sur les dates de traitements pour ceux qui travaillent avec des insecticides ou sur la nécessité d’un traitement complémentaire à la confusion sexuelle si la pression devient trop forte.

 

Un déploiement est-il prévu pour cryptoblabès, insecte émergent dans la région ?

Nous travaillons déjà avec succès sur cryptoblabès, mais nous n’avons pas encore l’outil de développement disponible. Il faut savoir que l’insecte est encore mal connu. Le cycle de vie de cette pyrale a encore des zones d’ombre mais c’est un sujet de recherche actif pour Trapview et nos partenaires.

 

Trapview France est membre du réseau VINSEO

Le premier marché de la société Trapview est à ce jour le Brésil avec des suivis de ravageurs des tomates, du coton ou encore du soja.
Sur le marché européen, la viticulture est la culture sur laquelle nous déployons nos efforts. Il y a un potentiel de développement fort malheureusement là où les insectes sont le plus nuisibles à la production. En France, l’arc méditerranéen -dont l’Occitanie fait partie- est une région stratégique pour notre entreprise. Il est donc tout à fait logique que Trapview France soit membre de Vinseo.

Le collectif est pour moi l’opportunité de mieux connaître les opérateurs et les usages de la filière. Aussi c’est un moyen de nous faire connaître. L’entreprise qui compte 40 salariés au travers le monde est encore jeune et la filiale France est née il y a moins d’un an !

Le réseau Vinseo c’est aussi l’assurance de trouver des complémentarités avec les adhérents qui aboutiront je l’espère à des collaborations scientifiques et/ou commerciales avec les agro-fournisseurs.

 

CONTACT
TRAPVIEW FRANCE
Vincent Joly
vincent.joly@trapview.com

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