Spécialisée dans les analyses biologiques environnementales grâce à la maîtrise d’une technologie innovante, la DPCR, la start-up montpelliéraine obtient des résultats « encore plus précoces, plus précis et plus fiables ».

Dans cette start-up montpelliéraine nichée sur le site du Cirad, on joue dans la cour des grands. Autour du président Franz Durandet, responsable « recherche et développement », on fait résonner d’ici ces quatre lettres dans toute la France depuis 2017 : I.A.G.E (Ingéniérie & Analyse en Genome Editing). L’entreprise montpelliéraine est spécialisée dans les analyses microbiologiques environnementales dont le seul but, in fine, est d’obtenir des résultats « encore plus précoces, plus précis et plus fiables », explique Franz Durandet.

Franz Durandet (à gauche) et Maxime Juvin avec la digital PCR.

PCR : amplification d’une séquence génomique

Pour cela, I.A.G.E dispose, grâce à l’avènement de la microfluidique, d’une technologie révolutionnaire dans le domaine analytique ADN/ARN, la meilleure qu’il soit sur le marché, « et pour longtemps », surenchérit Maxime Juvin, l’un des quatre associés et cofondateurs de la structure en charge, lui, du développement commercial. Son nom : la digitale PCR (DPCR). La PCR, ou réaction en chaîne par polymérase, est une méthode de biologie moléculaire d’amplification génique in vitro. « Elle permet d’amplifier en grande quantité (de l’ordre du milliard) une séquence d’ADN ou d’ARN présente initialement en faible quantité, développe Maxime Juvin, et de mettre en évidence des traces d’organismes. »

Tout cela est possible, comme nous l’évoquions plus haut, grâce à la microfluide. Des microsillons permettent de créer une émulsion entre l’échantillon et de l’huile. « Cela conduit à la création de milliers de gouttelettes indépendantes, ajoute Franz Durandet. Chacune devient alors un événement de détection indépendant. Les propriétés physiques exceptionnelles de cette émulsion sont à l’origine de la robustesse, de la fiabilité, de nos résultats. » La technologie utilisée est donc la dernière évolution de la PCR. Le partitionnement de l’échantillon en milliers de points d’analyse indépendants permet une lecture digitale : 0 ou 1. Des algorithmes donnent ensuite une valeur absolue de quantités.

Des analyses innovantes.

Analyse des eaux, de l’air, des sols, des végétaux…et du covid-19 !

C’est dans le domaine médical, et notamment dans la recherche de cancers et de maladies infectieuses, que la DPCR s’est développée mais Franz et toute son équipe (Maxime donc mais aussi Antoine Lefeuvre, responsable qualité, technique ; Jawhar Saksaka, responsable bio-informatique et Olivier Couillerot, business développement) prouvent depuis trois ans que cette méthode est leader dans tous les domaines d’application de l’étude du vivant, que cette technologie couvre également avec succès tout ce qui entoure l’environnement, la recherche, l’agriculture ou encore l’agronomie. Analyse des eaux, de l’air, des sols, des végétaux… « L’impact de l’homme est maintenant mesurable grâce à nos services analytiques », explique Franz Durandet. Et à une vitesse incroyable. S’il fallait attendre plus d’un mois des résultats, I.A.G.E, avec sa technologie de pointe, les rend aujourd’hui en deux ou trois jours !

Une aubaine, par exemple, cette année, avec le Covid 19. La start-up montpelliéraine a ainsi intégré la plate-forme d’innovation territoriale Lab’Thau, créée par le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT), afin de « détecter la présence du virus dans les eaux usées ». Des campagnes de tests ont lieu chaque semaine dans le but de « se servir des résidus de virus pour corréler de l’évolution de la maladie dans la population », explique encore Franz Durandet. Les études récentes ont montré que la quantité de coronavirus détectée dans les eaux usées reflète en effet le niveau du virus dans la population. Les fragments de virus excrétés par le corps dans le tractus intestinal sont détectables en moyenne quatre jours après la contamination alors que les premiers symptômes surviennent quinze jours plus tard.

Antoine Lefeuvre, dans le labo d’I.A.G.E.

Une véritable carte d’identité des sols

En matière d’agriculture et d’agronomie, il est à noter qu’I.A.G.E. assure un suivi du sol jusqu’aux produits finis parce que « l’agriculture change, que l’utilisation de nouveaux intrants biologiques se démocratise et parce que nous n’en connaissons pas encore les effets ou la persistance », insiste Maxime Juvin. Il est ainsi maintenant possible de suivre une population biologique ajoutée de façon artificielle dans le but d’améliorer la qualité des sols. La start-up propose de faire connaître la persistance de produits biologiques dans les sols de ses clients afin d’en évaluer leur efficacité ou leur impact. « Nous avons développé une méthode unique pour créer une véritable carte d’identité des sols. Les données générées nous renseignent sur la composition microbiologique de la parcelle. Les organismes d’intérêt sont alors identifiés. Les données obtenues permettent de proposer à nos clients (caves coopératives, oenologues, indépendants…) un monitoring de leurs parcelles », poursuit Franz Durandet.

Parmi les organismes ciblés, les Brettanomyces bruxellensis

En viticulture, parmi les organismes ciblés par I.A.G.E., on retrouve par exemple le Botrytis cinerea, le Coniothyrium minitans, la Flavescence dorée, les Cicadelles, le Mildiou, les Mycorhizes, le Phanerochaete, le Trichoderma ou encore les Brettanomyces bruxellensis. Pour ces derniers, la start-up propose un kit Anabrett afin de détecter des Brettanomyces sur son domaine : le vignoble (sols, vignes, raisins) et le chai (équipements, surfaces).

Anabrett permet d’obtenir une première vision globale de la présence de Brettanomyces sur un domaine pour anticiper les problèmes de vinification. En cas de détection, I.A.G.E. procède à des analyses complémentaires à la demande, pour déterminer avec précision l’origine de la contamination et mettre en place un traitement localisé et adapté. Un suivi annuel du vignoble est également disponible pour surveiller la présence de Brettanomyces et l’efficacité des traitements appliqués par le viticulteur sur le domaine.

Kit Anabrett :

  • kit de prélèvement + analyses ;
  • Deux zones de contrôle (intérieur et extérieur) ;
  • Cinq analyses ;
  • Cinq matrices différentes possibles.

Analyse simple :

  • Un kit de prélèvement + une analyse
  • Une analyse sur une matrice au choix.

Il est à noter enfin que le tarif de ce kit est attractif puisqu’il faut compter 800 euros pour cinq points d’analyses alors que chez d’autres concurrents, on dépasse les 2 000 euros pour seulement trois points de contrôle.

Plaquette explicative multikit by David Pagès on Scribd

 

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I.A.G.E.

389, avenue Agropolis, 349 80 Montferrier-sur-Lez.

Site web : www.iage-france.com

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