Publié le 19 septembre 2026 | Modifié le 2026-09-14 17:23:44 | Par Lucile Carmet
Donner une seconde vie aux co-produits du raisin, c’est le pari de Loïc et Frédéric Deguilhem. Déjà spécialistes de la transformation de produits issus de marcs de raisins à travers la société Raisin & dérivés, le duo père et fils a lancé sa marque grand public L’Ami raisin. Son complément alimentaire « Trésor de Vigne » concentre les bienfaits antioxydants du pépin de raisin sous forme de gummies. À savourer sans modération. Explication avec son président Loïc Deguilhem.

Loïc Deguilhem et son père Frédéric, co-fondateurs de la marque L’ami raisin.
Loïc, vous êtes le président et co-fondateur de l’Ami raisin. Comment est née l’idée de faire un complément alimentaire à base de pépins de raisins ?
Après plusieurs années de travail avec les distilleries et dans la promotion de produits dérivés du raisin, nous avons constaté que ce fruit restait peu valorisé auprès du grand public en dehors du vin.
Avec mon père, nous travaillons déjà ensemble au sein de son entreprise Raisin & dérivés. La société est spécialisée dans la promotion de produits dérivés du raisin : colorants issus de la peau, huiles de fusel, vinaigre ou encore de l’alcool neutre. Nous ne faisions que du B to B.
Le projet de L’Ami raisin a commencé à émerger pendant la période du Covid. L’idée toute simple est venue parce qu’on cherchait à développer de nouveaux produits issus de nos marcs de raisin. Nous avons lancé les premiers essais en 2021, avec l’accompagnement d’un laboratoire. Les débuts ont été complexes : il fallait réussir à maîtriser l’astringence des tanins tout en conservant une expérience agréable pour le consommateur.
Pourquoi vous êtes-vous concentrés sur le pépin de raisins et quels sont ses bienfaits reconnus pour la santé ?
On a sélectionné le pépin parce qu’on connaissait ses propriétés sanitaires. Le pépin est antioxydant. Avec l’âge et le quotidien, le corps s’oxyde à cause de radicaux libre : stress, tabac, nourriture, pollution…
Le pépin est aussi reconnu pour la santé cardiaque et artérielle.
C’est de la médecine préventive douce. Le complément alimentaire sert à protéger la santé des cellules au fil du temps.
La recommandation est de 150 mg d’extraits de pépins. Soit deux gummies par jours sur le temps d’une cure. On applique la règle de 21 jours puis 7 jours de pause.
Pourquoi avoir choisi de faire un complément alimentaire sous forme de gummies ?
Nous voulions reprendre les codes du vin plaisir et proposer un format plus ludique et accessible. Quand on parle de complément alimentaire, on pense plus souvent à une gélule. Les clients des caveaux, où nous concentrons nos lieux de vente, sont plus attachés au plaisir de la bouche. D’un point de vue gustatif, le gummy permet de travailler davantage la dimension gustative.
Nous avons travaillé avec un bureau de consultants scientifiques. Ils ont travaillé sur le dosage, la formulation, les ingrédients et allégation (le droit de mettre en avant un bienfait santé).
- © L’ami raisin
- © L’ami raisin
Pourquoi avoir privilégié les caveaux de vente des domaines viticoles comme principal canal de distribution ?
Il nous a semblé logique de nous adresser aux vignerons et aux domaines : ce sont eux qui connaissent le mieux le fruit, son histoire et son environnement. Le produit a été pensé pour proposer une autre manière de parler du raisin.
Nous avons réussi à toucher des lieux très différents. Des caves coopératives, des domaines tournés vers l’œnotourisme et des cavistes. Les gummies sont également distribués dans des lieux comme la Cité du vin à Bordeaux et Pressoria en Champagne. Nous sommes malgré tout présents dans deux pharmacies.
Ces espaces accueillent des profils variés : des amateurs de vin, des visiteurs internationaux, mais aussi des personnes qui ne consomment pas nécessairement de vin ou qui ne peuvent pas repartir avec une bouteille. Le « Trésor de Vigne » leur permet d’emporter une autre expression du raisin. Au total, c’est une cinquantaine de points de vente, principalement en Provence, qui ont des boutiques plus diversifiées.
Nous fonctionnons majoritairement en dépôt-vente. Cela permet aux domaines et aux caves coopératives de tester la réaction de leurs clients avant d’avoir le produit en stock.
L’univers du vin ne vous est d’ailleurs pas étranger. C’est une histoire de famille qui continue de s’écrire différemment…
Mes deux grands-pères étaient viticulteurs, l’un du côté de Clermont-l’Hérault, l’autre dans la Vaunage, dans le Gard. Nous sommes d’ailleurs toujours basés dans cette région. J’ai donc grandi dans cet environnement. Après mes études et plusieurs voyages, je suis parti travailler au Portugal, chez Google. Puis, en 2020, j’ai rejoint mon père pour l’accompagner dans une période de forte activité chez Raisin & dérivés, notamment avec la production de gels hydroalcooliques.
Ce retour aux racines a été important pour moi. Avec L’ami raisin, nous cherchons à porter un regard différent sur cet héritage, casser les codes sans pour autant nous éloigner de ce qui fait notre histoire.
Où vous approvisionnez-vous en pépins de raisin ?

© L’ami raisin
Certaines zones sont plus adaptées, car elles disposent de distilleries capables de réaliser cette sélection. Cela demande d’épépiner le marc de raisin, de récupérer le pépin et de le sécher très rapidement afin de préserver leur qualité.. Le terroir, les sols et le climat jouent beaucoup sur leur qualité. Nous sélectionnons notamment des raisins provenant de Champagne et de la Vallée de la Loire, où nous retrouvons des profils intéressants sur le plan polyphénolique.
Nous travaillons avec des extracteurs qui réalisent cette sélection directement dans les distilleries pour le compte de différents clients, comme Caudalie par exemple.
Cela suppose une organisation, des équipements et des partenaires spécialisés. C’est aussi ce qui rend la coopération indispensable entre vignerons, distilleries, transformateurs, laboratoires, fournisseurs et marques.
Votre projet ouvre-t-il une nouvelle voie pour les coproduits du raisin ?
Nous ne prétendons pas avoir trouvé LA solution. En revanche, nous voulons montrer qu’il est possible de créer de nouveaux usages à partir de matières déjà présentes dans l’écosystème vitivinicole. Et , il y a de quoi faire.
La vigne offre encore de nombreuses possibilités de transformation. À condition de mieux connaître les matières, de travailler avec les bons partenaires et de construire des produits cohérents avec les attentes du public.
C’est cette démarche que nous voulons poursuivre avec L’ami raisin.
Pourquoi avoir rejoint Vinseo ?
Nous espérons apporter notre expertise sur les coproduits et sur la distribution auprès des vignerons. En parallèle, nous souhaitons mieux comprendre les problématiques rencontrées par le secteur et échanger avec d’autres acteurs.

L’ami raisin SAS
30114 NAGES-ET-SOLORGUES
lamiraisin@gmail.com
















