A Combaillaux (Hérault), le domaine viticole de Bruno Le Breton vient d’expérimenter un protocole de fertilisation des vignes à base d’urine. Cette opération, menée en partenariat avec la jeune coopérative montpelliéraine Ecosec, a donné naissance à une première cuvée. Une première en France !

 

Une démarche environnementale

Très impliqué dans une démarche environnementale, le domaine de la Jasse, dirigé par Bruno Le Breton et situé entre le Pic Saint-Loup et les Terrasses du Larzac, à Combaillaux à environ 15 km de Montpellier, s’est lancé il y a quelques mois dans un protocole expérimental à l’issue duquel il vient de réaliser sa première cuvée fertilisée à l’urine. Il s’agit d’une première en France.

Ce projet de longue date mené par la jeune coopérative montpelliéraine Ecosec, spécialisée notamment dans la valorisation de matières organiques urbaines dans l’agriculture, a démarré pour deux saisons en partenariat avec l’ IRSTEA, l’IEM, Vuna, Aquavalley, et est financé par l’Agence de l’eau. « En tout, cinq traitements ont été administrés sur 15 lignes de vignes pour en étudier l’impact et le potentiel fertilisant », soulignent les responsables d’Ecosec, « Il faut savoir que l’urine est un excellent engrais. »

Riches en fertilisant et énormes en volume

Près de trois cents litres d’urine mélangées à l’eau d’un forage ont été déversés dans les vignes par un système de goutte-à-goutte. « Cette urine a été récupérée dans les cuves de nos toilettes sans eaux », précise Ecosec. « À ce jour, les urines, riches en fertilisant et énormes en volume, vont dans des stations d’épurations coûteuses en énergie où leur concentration font d’elles un risque polluant ».

 

« De plus, ce système consomme énormément d’eau potable », explique sur son site internet Bruno Le Breton. « Pourquoi ne pas revenir à ce qui se faisait avant, quand cela est réalisable, à savoir : séparer les urines et les utiliser dans un environnement proche pour l’agriculture ou le potager, par exemple ?  En outre les résidus chimiques de médicaments ou d’hormones contenus dans les urines sont négligeables, voire surtout beaucoup plus faibles que ceux que l’on retrouve dans les fumiers d’écuries ou de bergeries. »

 

Publié le 12 novembre 2018

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